Venu commenter les propositions du 1er Plan national vélo devant un parterre de défenseurs de la petite reine des villes et des champs, le 26 janvier à Paris,  Thierry Mariani a finalement annoncé un seule mesure : le “tourne à droite“. Certainement pas à gauche.

Tourne à droite ? Vous savez, cette drôle de fleur faite aux cyclistes et qui les autorise à brûler les feux rouges à condition qu’ils prennent bien à droite (pas à gauche, et en évitant de faucher les piétons sur leur passage). Attendu depuis de longs mois, l’arrêté qui créé un nouveau panneau de signalisation routière (le décret autorisant les cyclistes à ne pas s’arrêter au feu rouge a été publié il y a plus d’un an) va maintenant passer dare-dare au journal officiel.
Ce sera, soit un feu jaune clignotant, soit un panneau triangulaire avec un vélo et une flèche à droite. Comme celui qui a fleuri depuis des mois dans les rues de Nantes, la ville du socialiste Jean-Marc Ayrault ayant généralisé depuis belle lurette le tourne à droite cyclistes, et visiblement inspiré Mariani tombé dans le panneau.

A trois mois de la présidentielle, le ministre des Transports, qui s’est lamenté au passage que le vélo était “le parent pauvre des transports”, ne pouvait quand même pas venir les mains vides à la tribune. Impossible de décider l’instauration d’une indemnité kilométrique de 21 centimes pour ceux qui vont tous les jours au turbin en vélo (les Belges le font bien…), comme le réclament certaines associations (lire). Même le groupe de travail qui a planché sur le Plan vélo emmené par le très UMP Philippe Goujon (député-maire du XVè à Paris), défend cette idée “à long long terme”. Il ne faudrait pas trop agacer les chefs d’entreprises qui remboursent déjà 50% des abonnements de transports collectifs à leurs salariés.
Et si c’était vélo ou transports en commun pour ne fâcher personne ? En tout cas, selon les savants calculs du Club des villes et territoires cyclables, “une demi-heure de vélo quotidienne économise 1 000 euros par an de frais de santé à la Sécurité sociale.
Espérons qu’il n’y aura pas trop de blessés aux feux rouges à cause des cyclistes qui tournent rop vite à droite, et sans casque ! Thierry Mariani lui, ne risque rien : la représentante d’une association de traumatisés crâniens lui en a offert un, hier. Il fallait au moins ça pour défendre un plan vélo aussi ambitieux.

Des centaines de "surfeurs" sur le toit d'un train de banlieue en Indonésie

A côté des trains de banlieue indonésiens, le RER A, c’est de la gnognotte. Là-bas, les “pendulaires” (ceux qui font tous les jours un voyage domicile-travail en transports collectifs), ont inventé la rame à double étage avant la RATP : ils “surfent” sur le toit des trains.  Assis, ou debout.

Après avoir tout essayé, épandage d’huile, jet de peinture rouge, chiens méchants, semonces d’imams, les chemins de fer indonésiens, PT Kereta Api, ont décidé de suspendre des boulets de béton au-dessus des wagons pour dissuader ces “surfeurs de trains”.
Des assommoirs de deux kilos, quinze centimètre de diamètre, sont accrochées par des chaînes à des barres transversales au-dessus des voies de chemin de fer. Ces boules tueuses affleurent le toit des trains qui passent, prêtes à dégommer les passagers perchés.
“Au moins un passager par jour trouve la mort en tombant du toit ou en étant électrocuté”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de Kereta Api. Avec les boules, ça fera combien d’assommés et de morts sur les voies ? Et s’ils injectaient tout simplement plus de trains sur le réseau ferré ?

Lisez l’article de Mobilicités sur Sarkozy inaugurant le RER A à impériale

Il se sont bien amusés, ont envoyé leurs vœux sous forme de roman photos, mais maintenant le patron siffle “la fin de la récréation”.
Ils, ce sont les membres d’AGIR, l’association qui défend l’idée légitime que les transports publics doivent rester libres et indépendants des groupes comme Veolia Transdev (en pleine recapitalisation), la SNCF (via Keolis), la RATP ou autres grands méchants loups des transports. Le patron, c’est Michel Bleitrach, président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), la puissante fédération des opérateurs de transport de voyageurs, qui compte Agir parmi ses membres.

Le 12 janvier, lors de  la rituelle cérémonie des vœux organisée près de l’Opéra à Paris, celui qui dirige aussi Keolis (un groupe pas du tout indépendant), a haussé le ton contre Agir, cet adhérent récalcitrant qui a envoyé ses vœux aux élus sous forme de pamphlet anti-groupes, et remis le couvert dans une campagne de pub publiée dans un magazine de la presse professionnelle transport (ci-contre).

Le roman photos se situe “dans le bureau d’un maire, quelque part en France”. En scène,  la représentante d’un “groupe leader” (on se demande lequel…), tout sourire, presse un maire de “signer l’avenant de la DSP”, la délégation de service public.  Mais le maire, n’est pas si crédule : “Je me pose des questions, encore une sacrée augmentation”, se dit-il. “Tout augmente dans la vie”, lui répond illico la porte-flingue du “groupe leader”.

Finalement, pas si soumis que ça, le maire se dit qu’il en a “assez d’être seul face à (son) délégataire”, c’est décidé, en 2012, il adhère à Agir”. Un de plus, c’est dans la poche. Agir compte près de 90 collectivités locales qui cherchent à s’émanciper (8% du marché des transports publics urbains et interurbains) (voir la carte).

“Notre message été mal compris, nous voulions simplement dire qu’Agir est là pour conseiller les élus, parfois même pour leur dire qu’à l’analyse des offres, celle des groupes est moins chère que si la collectivité locale décidait de gérer directement ses transports, en régie ou en Société publique locale”, tempère Arnaud Rabier le délégué général d’Agir. Nous voulions communiquer sur notre rôle de conseil, pas faire polémique”. On a un peu de mal à le croire.

Le 12 janvier,  devant un parterre d’élus, Michel Bleitrach s’est fâché tout rouge, et le patron de l’UTP a envoyé un courrier à Gilles Bourdouleix, le maire de Cholet qui préside Agir (et se présente à l’élection présidentielle sous la bannière du Centre national des indépendants et paysans), lui demandant de respecter le pacte de non agression à l’UTP.  “Les élus valent mieux qu’une caricature”, glisse un observateur. Quel sera le message de la carte de vœux 2013 d’Agir  ? A vous de proposer vos idées (laissez tomber le roman photos : un peu trop daté…)

Thierry Mariani s’occupe de dossiers importants au ministère des Transports : les ascenseurs. Celui du boulevard Saint-Germain était en panne depuis un mois et demi. Colère du ministre qui a décroché son téléphone pour appeler directement l’entreprise OTIS et lui demander de venir réparer l’ascenseur dans les plus brefs délais. Il faut dire, son bureau de l’Hotel Roquelaure se situe au deuxième étage.

Réponse d’Otis : les pièces à changer ont bien été commandées mais le ministère n’a pas donné suite au devis de réparation ! Quand il demandé une explication aux services généraux, “ceux-ci n’ont rien trouvé de mieux à me répondre que ce n’était pas à moi de traiter de type de problème”, a confié le ministre éconduit au magazine Valeurs Actuelles. Y’a plus de valeurs…

Un point positif, puisqu’il n’a plus à s’occuper des ascenseurs, Thierry Mariani a donc plus de temps à consacrer à d’autres dossiers : l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires nationales,  la libéralisation des lignes nationales par autocar, la taxe poids lourds, le financement des LGV, l’insécurité routière etc etc.

A partir du 28 septembre et jusqu’à la fin de l’année, la carte de réduction 12-25 ans devient accessible jusqu’à 30 ans : pour les 30 ans du TGV, la SNCF va en effet mettre en vente 400 000 cartes 12-30 ans au prix de 49 euros. Valables un an, elles donneront droit à des réductions de 25 à 60%.

Même si pour les 30 ans de son bolide d’acier, la SNCF repousse l’âge, non pas de le retraite, mais de la jeunesse, je n’y arriverai jamais ! Pour les 40 ans du TGV assortis d’une carte de réduction 12-40 ans, j’aurai de nouveau dépassé l’âge limite.
Et quand le TGV soufflera ses 50 puis ses 60 bougies, mon ticket ne sera toujours pas valable au-delà de cette limite. Mais… “bonne nouvelle”,  j’aurai droit à la carte senior.